Comment bien choisir l’assurance pour son institut de beauté ?

Plus de 30 000 centres d'esthétisme sont ouverts en France. Ces salons de beauté combinent l'accueil du public, la fonction d'appareils électriques et de produits chimiques. Cette combinaison accroît l’exposition aux sinistres au quotidien.

Découvrez l'essentiel des informations à connaitre dans cet article.

Quel type d’assurance pour son institut de beauté ?

L’assurance centrale pour un institut de beauté est la multirisque professionnelle (MRP). Ce contrat rassemble les garanties essentielles : la responsabilité civile professionnelle, la protection des locaux, du matériel et du stock, ainsi que la couverture des pertes d’exploitation en cas de fermeture temporaire.

Par exemple, si un sèche-cheveux provoque un court-circuit et endommage une partie de votre salon, l’assurance prendra en charge les réparations et la perte de chiffre d’affaires pendant la fermeture. Ce type de contrat permet donc de sécuriser votre activité tout en préservant votre équilibre financier.

Combien coûte l’assurance d’un institut de beauté ?

Le prix dépend en grande partie de la surface de votre local, de la valeur des équipements (fauteuils, appareils d’esthétique) et de votre stock (cosmétiques). Puis, le coût de votre contrat variera selon votre chiffre d’affaires, l’exposition de votre salon (flux clients, vitrine, espèces) et des activités annexes (spa, hammam, onglerie, coiffure, prestations à domicile).

À titre indicatif, la plupart des instituts dépensent entre 500 et 2 200 euros par an selon les niveaux de garanties et les exigences du bailleur.

Type d’établissementHypothèsesPrime annuelle HTMensualisé HTPoints d’attention
Institut de quartier40 m², stock 5 000 €, alarme simple500 € – 800 €42 € – 67 €Bris de glace, vol, dégâts des eaux
Institut avec onglerie70 m², solvants/UV, vitrine exposée700 € – 1 200 €58 € – 100 €RC produits, ventilation, incendie
Institut avec spa urbain120 m², sauna/hammam, zones humides1 100 € – 1 800 €92 € – 150 €Glissades, électricité/eau, PE
Institut en galerie60 m², clauses bail strictes900 € – 1 600 €75 € – 134 €Plafonds RC élevés, vitrine
Institut + prestations à domicile90 m², déplacements réguliers800 € – 1 500 €67 € – 125 €Extension hors locaux, transport

Pour trouver l'assurance la plus adaptée à votre institut de beauté, vous pouvez comparer via un courtier d'assurance comme Coover.

Est-il obligatoire de souscrire une assurance pour son institut de beauté ?

L’assurance n’est pas imposée par la loi, mais elle peut être rendue obligatoire par votre bailleur ou votre banque. Par exemple, si vous louez votre local, le propriétaire va exiger une assurance pour couvrir les risques d’incendie, de dégât des eaux ou de responsabilité (assurance local professionnel). De même, un établissement financier peut demander une attestation d'assurance professionnelle en cas de prêt bancaire.

Indépendamment de ces obligations, la responsabilité civile professionnelle (RC Pro) reste essentielle. Elle couvre les dommages que vous pourriez causer à un client pendant une prestation (brûlure, allergie, chute, etc.). Sans elle, les frais de réparation ou d’indemnisation seraient à votre charge.

Quelles sont les principales garanties à souscrire pour son institut de beauté ?

Voici les garanties recommandées pour votre salon :

  • RC exploitation/pro : elle couvre les atteintes aux tiers (brûlure à la cire, réaction allergique à un soin, chute en cabine). Un plafond autour de 3 millions d’euros est pertinent, à adapter selon le bail et l’enseigne.
  • Dommages aux biens : incendie, dégâts des eaux, bris de glace, événements climatiques, vol et vandalisme. Les garanties vol exigent souvent alarme, huisseries certifiées et effraction prouvée, notamment pour la caisse et les cosmétiques de valeur.
  • Perte d’exploitation : elle permet de couvrir vos charges et votre manque à gagner pendant la période de fermeture. En général, l’indemnisation dure jusqu’à 12 mois.

Voici les options ajoutables à votre contrat, propres à un institut de beauté :

  • Compléments institut de beauté : dommages électriques sur appareils esthétiques, biens des clientes au vestiaire, vitrine, marchandises en vitrine, transport de matériel pour prestations extérieures, responsabilité des praticiennes indépendantes intervenant sur place.
  • Autres options diverses : protection juridique (bail, litiges fournisseurs/consommatrices), cyber (logiciel de rendez-vous et données), extension extérieure pour événements/animations, assurance homme clé pour protéger la structure en cas d’indisponibilité prolongée de la gérante.

L'avis de l'expert

"Dans le secteur esthétique, la frontière entre le soin de confort et l'acte médical est surveillée de près par les assureurs. Mon conseil : vérifiez que votre contrat RC Pro mentionne explicitement chaque technologie que vous utilisez (LPG, Cryo, etc.). Si une nouvelle machine entre dans votre institut sans être déclarée, l'assureur pourrait refuser de vous couvrir en cas de brûlure client survenue avec cet appareil."

Pierre Fruchard

Les principaux risques liés à l’activité d’un institut de beauté

Un institut de beauté doit prêter attention à plusieurs points essentiels pour bien adapter sa couverture d’assurance :

  • Arrêt d’activité : un dégât des eaux, un incendie ou une fermeture administrative peuvent entraîner plusieurs milliers d’euros de pertes de chiffre d’affaires.
  • Matériel et produits cosmétiques : les appareils esthétiques sont autant coûteux que fragiles, et les stocks de soins et de produits parfois élevés selon la saison.
  • Espèces en caisse : activité majoritairement en paiement direct, avec des pics en fin de journée. Le risque de vol augmente sans coffre sécurisé.
  • Vol et vandalisme : vitrines et cabines de soins exposées, surtout en rez-de-chaussée ; les conditions d’effraction influent sur le remboursement.
  • Responsabilité civile : brûlure lors d’une épilation, réaction allergique à un produit, chute d’un client dans les locaux.

Les points de vigilance avant de signer le contrat pour son salon de soins esthétiques

Soyez attentif aux situations pouvant exclure toute indemnisation, comme un défaut d’entretien du matériel, une installation électrique non conforme ou un vol sans effraction ni alarme. Vérifiez aussi que les produits inflammables ou électriques utilisés dans vos soins sont bien couverts par le contrat.

Surveillez les plafonds et sous-plafonds de garantie. Contrôlez les montants prévus pour chaque poste : appareils esthétiques, produits cosmétiques, mobilier ou vitrine. Si un bien dépasse le plafond fixé, son indemnisation sera limitée, même si d’autres garanties ne sont pas utilisées.

Enfin, portez attention aux franchises et aux délais de carence prévus en cas de perte d’exploitation. Ils doivent correspondre à votre trésorerie et à votre capacité à redémarrer l’activité après un sinistre. Pensez aussi à réévaluer régulièrement la valeur de votre matériel et de votre stock pour éviter toute sous-assurance.

Qui sont les acteurs du marché de l’assurance en institut de beauté ?

Voici les principaux opérateurs à contacter pour assurer votre salon :

  • Spécialistes institut de beauté ou CHR : études sur site, garanties sur mesure, intérêt pour expositions fortes.
  • Acteurs digitaux : courtier d'assurance Coover ou acteurs grand public possibles : LesFurets, LeLynx.
  • Assureurs généralistes pros : réseau d’agences, tarification lisible, modularité des garanties.
  • Courtiers locaux : proximité, négociation sur les plafonds de vol, accompagnement sinistre.

FAQ

Quel niveau de garantie RC est-il conseillé pour un institut en centre-ville ?

Il est recommandé de souscrire une responsabilité civile professionnelle avec un plafond d’indemnisation d’au moins 1 à 2 millions d’euros par sinistre. Ce niveau de garantie couvre la plupart des dommages possibles pour un centre de beauté urbain : blessures d’un client, réaction allergique, chute, dégât des eaux ou sinistre causé à un commerce voisin.

La casse d’un appareil esthétique déclenche-t-elle la perte d’exploitation ?

La casse d’un appareil esthétique ne déclenche pas la perte d’exploitation. Cette garantie s’applique seulement si l’arrêt d’activité résulte d’un sinistre couvert (incendie, dégât des eaux, vol…). Pour ce cas précis, il faut une garantie “bris de matériel”.

Les praticiennes indépendantes travaillant au sein de l’institut sont-elles couvertes ?

Les praticiennes indépendantes ne sont pas couvertes par l’assurance de l’institut. Chacune doit souscrire sa propre responsabilité civile professionnelle, car elle exerce en nom propre et reste responsable de ses actes.

Comment sont couverts les biens des clientes déposés au vestiaire ?

Les biens déposés au vestiaire ne sont couverts que si le contrat prévoit une garantie effets personnels des clients. Sans cette option, l’institut n’est pas responsable en cas de vol ou de dégradation. Il est donc conseillé d’ajouter cette garantie à la multirisque.

Quelle durée retenir pour l’indemnisation de la perte d’exploitation ?

Une durée d’indemnisation de 12 mois est généralement suffisante pour un institut de beauté. Elle couvre le temps nécessaire aux réparations, à la réouverture et au retour à une activité normale. Certaines activités plus lourdes peuvent prévoir 18 à 24 mois.

Suis-je couverte si un client glisse en sortant de la douche ou du hammam ?

C'est la garantie 'RC Exploitation' qui prend en charge les dommages corporels liés à la configuration de vos locaux.

L'assurance couvre-t-elle les réactions allergiques aux produits utilisés dans mon institut ?

Oui, la RC Pro couvre les dommages immatériels et corporels consécutifs à l'utilisation de produits cosmétiques ou de soins techniques.

Mon stock de produits de revente est-il assuré en cas de vol ?

Oui, le stock de parapharmacie et cosmétiques doit être déclaré dans votre capital 'Marchandises' pour être indemnisé à sa valeur d'achat en cas de vol.